Sous la cendre des drapeaux
je vois le même cœur battre
rouge, fragile,
comme une grenade ouverte dans la poitrine du monde.
Toi qui regardes,
Toi qui sais peut-être
Pourquoi les hommes dressent-ils
des murs de mots,
des clôtures de peur,
entre deux visages faits de la même poussière ?
La guerre…
long orage
et personne ne sait d’où il vient,
tandis que les peuples
ne demandent qu’un pain tiède
et la douceur d’une nuit sans sirènes.
On dit : patrie, frontière, identité
mais sous la peau des langues
le sang parle une seule langue.
Les sages, les fous, les étoiles
l’ont murmuré dans la nuit humaine :
la guerre est une maladie,
un vertige de la raison
qui oublie son propre miroir.
Et pourtant
chaque enfant qui naît
porte dans ses paumes ouvertes
une paix minuscule.
Alors, poussières que nous sommes,
apprenons au vent
à prononcer un seul nom :frère.
Peut-être qu’un jour
l’humanité reconnaîtra son propre visage
dans celui de l’étranger
et alors les armes tomberont des mains
comme des feuilles fatiguées à l’automne.